Cie Pirenopolis

Texte de Copi

SYNOPSIS

C’est un texte à tiroirs truffé de codes à déchiffrer. La sensation qui s’en dégage est extrêmement vive, comme si de terribles secrets sous-jacents ne pouvaient être livrés que par le retournement des récits. De ce processus d’écriture naît un humour acerbe, corrosif et implacable. Il faut pouvoir délivrer le rire car une étrange amertume laissera sa marque dans les esprits.

C’est une lettre qui s’écrit dans la chair.
Lui, l’auteur, est en exil en Uruguay. Il adresse sa lettre à un certain « maître », visiblement resté en France. De son mentor, son amant ou son double, rien n’est dit.
On peut pressentir que Copi s’adresse symboliquement à une autre part de lui même. Dans la réalité, il est lui même exilé en France lors de l’instauration des dictatures en Amérique latine. On peut ainsi imaginer qu’il crée un avatar immuable et intouchable, en voyage à Montevideo, au moment exactement concomitant de l’arrivée au pouvoir des militaires. Sans dénonciation frontale, il nous parle de l’instinct maladif du besoin de propriété, de la folie déshumanisante face à une insécurité qui présage l’avènement d’une politique de l’effroi, de la censure qui coud les bouches des artistes, penseurs et journalistes ; de paysages postapocalyptiques comme une anticipation de ce qui nous savons aujourd’hui de l’état de la terre, de la destruction des valeurs humaines remplacées par des conditionnements sociaux ; et de la force de survie portée par le poète lui même.
L’apparente absurdité du récit n’entache pas la vérité de ce qui est dit. Mieux vaut le prendre au sérieux car c’est à cette condition que la force et l’humour des situations révéleront la poétique du texte.
 
Tout est vrai, terrifiant et fou.
 
La présence de l’homme du récit est une provocation en soi car il navigue, flotte et survit au milieu d’un désastre social, politique, culturel et écologique. Il est témoin de l’abrutissement ambiant, de la résignation d’un peuple, mais aussi de son oppression, son massacre, son génocide. Il traverse tout cela. Il est un poème planté dans la nature.
C’est Copi. C’est le poète, le fou, l’artiste ; le témoin impuissant de son époque qui inscrit sa voix par ce conte absurde, dans un monde qui l’est plus encore. Sa parole sculpte un désastre mental collectif qui quelquefois nous asservit. Dans le réel, il serait le maudit, celui qu’il faut enfermer, faire taire. Dans le conte, il est le survivant, le roi, le Robinson Crusoé d’un monde dévasté.Mais le risque d’un certain effondrement n’est-il pas perceptible aujourd’hui ? Nos vies qui continuent coûte que coûte à battre dans un avenir serré entre catastrophes écologiques, sociales et politiques ne font-elles pas de nous des fous en action, propulsés par une frénésie irréversible ?Nous sommes fous et nous le savons.Copi le perçoit et il le dit. L’homme de ce texte pourrait être désincarné, une voix, une présence tenace, une voyance qui sonde son époque sans vaciller, droit comme un I, un passeur, une ombre, le témoin critique qui sera toujours là. La voix de celui qui voit.
LA COMPAGNIE PIRENOPOLIS

Localisée à Marseille, la Compagnie Pirenopolis est née en 2000.

Émanant du désir d’un acteur, Stephan Pastor, elle s’intéresse au passage de l’intime devenu exemplaire. Les deux grands axes sont création et transmission. Les projets de la Compagnie Pirenopolis permettent aux acteurs de creuser la question de « l’alchimie du jeu » et de la relation singulière avec le public.

Les histoires et les personnages sont attirés par les hommes comme les esprits sont attirés par les chamans ou les médiums. Artistes et médiums sont peut-être de la même famille. Nous ne sommes pas des créateurs car les histoires sont déjà dans la nature. Ce sont des visions que l’on cueille avec délicatesse. Avant de naître artiste, on naît humain. Nous ouvrons les portes à l’inconnu qui cherche à s’incarner. Nous ne venons pas voir un spectacle simplement pour regarder des acteurs s’amuser avec des costumes, des lumières, des mises en scène. Nous venons reconnaître une histoire universelle. Nous permettons à un poème de s’inscrire dans notre chair et perpétuer le cercle de la transmission de l’homme à l’homme. L’univers a déjà été créé. Il pourrait très bien se passer de nous. Nous sommes trop compliqués, nous avons peur. Pourtant quand la nécessité d’un poème traverse le passeur que nous sommes, l’univers se réjouit de l’accueillir, car quelque chose s’inscrit justement dans un cycle. Quand une parole devient nécessité, elle quitte le territoire de l’idée et entre en vibration avec le tout. Nous sommes tout en tout. L’homme commence à réaliser que le divin n’est pas à l’extérieur de lui. Il a besoin de rencontrer cette puissance car il va vers le plus beau, le plus juste, le plus libre. Ça sera long, mais il n’est plus dupe, il sait que les valeurs changent, il veut tendre vers le meilleur. Il comprend qu’il est le divin, donc sa responsabilité est grande. Les histoires, les fictions, les personnages sont de la même nature que cette nouvelle conscience. Elles attendent que les hommes leur ouvrent leur porte…


Porteur du projet et jeu : Stephan Pastor
Metteur en scène : Christophe Chave
Créateur lumière : Christophe Bruyas
Créateur sonore : Julien Hô Kim
Constructeur éléments scénographiques : Philippe Laliard
Directrice de production : Sophie Teyssonnier
Chargée de diffusion : Fabienne Sabatier
En alternance pour la régie générale : Christophe Bruyas et Paolo Cafiero

Une production : Compagnie Pirenopolis.
Coproduction : Théâtre La passerelle, scène nationale de Gap et des Alpes du Sud. Châteauvallon-Liberté, scène nationale.
Subventionné par La Drac Paca, la Région Sud et le Département des Bouches du Rhône.
Soutenu par La Région Sud et Arsud / Les plateaux solidaire.
Soutien à la production de France Relance / Relançons l’été.
Accompagnement du Théâtre Antoine Vitez.

Résidence à la Distillerie-lieu de création théâtrale / Résidence à la Ferme de la Colle – Gréoux-les-Bains / Soutien à la création
dans le cadre d’une résidence du Théâtre Joliette – scène conventionnée art et création expressions et écritures contemporai-
nes / Résidence au Théâtre Fontblanche – Mairie de Vitrolles / Résidence au Théâtre du Balcon – Scène d’Avignon / Résidence
au Théâtre Antoine Vitez / Résidence à Châteauvallon-Liberté, scène nationale / Résidence à L’Usine Badin, résidence d’artiste
du théâtre La passerelle, scène nationale de Gap et des Alpes du Sud.