Vendredi 23 février à 15h00 étape de travail
Vendredi 23 février à 19h00

Un jeune homme pauvre sort se promener dans une petite ville suisse du début du vingtième siècle. Il nous emmène avec lui. Sa Promenade met en jeu, avec légèreté et méchanceté, avec des colères risibles, des ironies poétiques et un humour délicat, une moquerie des formes de vie bourgeoises. De rencontres en paysages, de boutiques en jardins, Robert Walser marche, et ce faisant, témoigne de sa conscience aigüe du monde, de ses normes et injonctions sociales. Ne pas quitter sa rue peut ouvrir sur des voyages infinis …

Walser manie une langue qui fait pirouettes et courbettes, qui tire à l’extrême les politesses et étiquettes. Ces mêmes politesses qui empêchent dans la vie sociale toute authenticité, toute rencontre véritable, toute amitié. La gaieté du bavardage rend léger ce qui nous advient, hors de toute tragédie et pathos. Pourtant c’est une gaieté qui couvre les nuits d’où surgissent nos regrets et amours impossibles, la folie et l’absurdité de notre condition et du monde dans lequel nous vivons.

« On peut lire Robert Walser comme une sorte de précepte de vie pour séjourner parmi les hommes à l’attention de ceux et celles qui seront fatigués de se battre dans la compétitivité généralisée. Face à la bêtise du jeu social, du monde de l’art et de la bureaucratie, son écriture nous propose, à part la colère ou le cynisme habituel, d’autres manières de réagir et de vivre. Avec une ironie libératrice d’un côté, nous pouvons à nouveau rencontrer « bureaucrates et autorités hautement autorisées », avec une sincérité bouleversante de l’autre, nous pouvons peut-être à nouveau oser parler ouvertement aux gens que nous aimons et considérer l’abîme qui nous habite. C’est presque une stratégie de vie pour sauver une profondeur dans un monde trop rapide et artificiel. Se promener, à pied, doucement et tranquillement, devient une manière de survivre. »

Étape de travail suite à une résidence – Entrée libre

D’après Robert Walser

Collectif En Devenir, Marseille

Mise en scène : Malte Schwind
Distribution : Nais Desiles, Lauren Lenoir et Héloïse Roudiy
Son : Jules Bourret
Scénographie et dessins : Ludivine Venet

Présentation de 19 h suivie d’un bord de plateau animé par Arnaud Maïsetti, Maître de conférences en esthétique théâtrale et auteur, et Catherine Teissier, enseignante-chercheuse spécialiste de l’Allemagne et des relations franco-allemande.

Avec le soutien du Théâtre Joliette (Marseille) et du 3 bis f (Aix).