Mardi 26 février 2019 à 20h00
Mercredi 27 février 2019 à 19h00
Jeudi 28 février 2019 à 14h30
Vendredi 1 mars 2019 à 20h00
Samedi 2 mars 2019 à 20h00

suivie de

Nœuds – Ronald David Laing

Deux pièces en un acte pour expérimenter au plateau les géométries du désir.

Dans La Dispute, Marivaux crée les conditions d’observation clinique de l’amour naissant entre quatre adolescents comme au premier âge du monde, afin de démêler qui, du cœur de l’homme ou de la femme, est, le premier, sujet à l’inconstance et à l’infidélité. Mais gardons à l’esprit que si, chez Marivaux, les apparences sont trompeuses entre les personnages, elles le sont aussi de la scène au spectateur. Et il se pourrait bien qu’au prétexte de cette enquête sur la faute originelle, de toutes autres vérités se manifestent.
L’amour vrai qui éclot entre les jeunes gens dans l’innocence de leur état naturel ne les préserve pas d’une loi jalouse : quand il ne rencontre pas d’obstacle, le désir dépérit. Mais si tous les abandons ont leur source dans le désenchantement qui naît d’une possession sans histoire, sous quelles conditions le rapport amoureux trouve-t-il à se vivifier ? Que pouvons-nous donc apprendre du comportement de nos jeunes amoureux sur la conception qu’ils se font du désir – et sur la nôtre ?

Ronald David Laing, pionnier du mouvement de l’antipsychiatrie au Royaume-Uni dans les années 60/70, nous avertit de son côté que chacun de nous se fait du comportement d’autrui une idée subjective qui représente son expérience de l’autre. Cette connaissance personnelle que nous avons de l’autre, ou plus exactement l’idée que nous nous faisons de lui et de son comportement, ne correspond pas nécessairement à la réalité de cet autre ni à l’idée qu’il se fait lui-même de son propre comportement. Il en résulte que les rapports humains, et les relations amoureuses en premier lieu, se fondent fréquemment, pour ne pas dire toujours, sur un certain nombre de malentendus, générateurs de ce que Laing appelle des nœuds, enchevêtrements, impasses, disjonctions, cercles vicieux.

Au nom de la liberté de ses personnages ou d’une minutieuse observation de cas pathologiques bien réels, c’est une véritable théorie des révélations implicites que nos deux auteurs déploient. De Marivaux à Laing, il semble que tout le jeu consiste finalement à tester l’acuité psychologique et développer chez le spectateur, la conscience de soi.

Salle LE CUBE

Tarif 8 €

Représentation du 1er mars suivie d’un bord de scène animé par Mathieu Brunet, maître de conférences en littérature française (AMU)

Mise en scène de Grégoire Ingold
Avec des étudiants du secteur théâtre d’AMU

Spectacle surtitré