Mardi 8 mai à 20h30
Mercredi 9 mai à 19h00
Jeudi 10 mai à 19h00
Vendredi 11 mai à 14h30
Samedi 12 mai à 20h30

Dans Les Suppliantes, un chœur de femmes vient demander de l’aide à Athènes afin que la Cité et son roi, Thésée, interviennent dans un conflit étranger (l’échec de la tentative des Sept chefs étrangers dirigés par Polynice pour reprendre possession de la ville de Thèbes) et ce dans le but de récupérer les dépouilles des assaillants vaincus. Si les discours de Thésée soulèvent une ambiguïté quant à l’hégémonie athénienne, sa toute-puissance sur le monde, sa position d’arbitre dans les conflits étrangers, et la possibilité donc de la dénoncer théâtralement, ce chœur de suppliantes n’est pas sans rappeler la réalité douloureuse de ces migrants qui tentent d’échapper aux affres de la guerre et réclament un secours auprès de nos démocraties occidentales… On qualifie généralement Les Suppliantes de « pièce patriotique à la gloire d’Athènes ». Héroïsme, courage, grands idéaux sont exhalés à longueur de monologues et louent la suprématie athénienne.

Cela pose la question du premier ou du second degré de l’œuvre. On pense par exemple aux débats autour de certains films de Clint Eastwood : la fin d’American Sniper est-elle un éloge de l’Amérique ou au contraire une dénonciation subtile de l’hégémonie américaine ? La profonde ambiguïté ne peut être éclaircie que par le réalisateur lui-même. Ou peut-être faut il accepter une non-prise de position qui laisse à chacun la liberté d’en penser ce qu’il en veut. Ce qui peut être autant inspirant qu’énervant !

 

Cyril Cotinaut évoque le travail de création qu’il mènera avec les étudiants de théâtre d’AMU

« Vieux de deux millénaires, souvent considéré comme la plus faible des pièces d’Euripide, ce texte et son rapport avec certaines de nos problématiques actuelles me semble être pourtant un matériau d’études prometteur. Et d’études, il en sera question car c’est avec la méthode russe dite de l’Étude, qui privilégie l’improvisation comme moyen d’analyser et mettre en scène le texte théâtral, que je propose – si le temps le permet – de diriger ce travail. Il y sera évidemment aussi question d’Action Verbale (ou comment la parole est un acte, une construction du monde par la rhétorique), d’Action Physique (avec un travail choral sur le chœur des femmes), de Brecht (où la fable est un prétexte à démontrer des mécanismes et créer une prise de conscience politique, où le jeu s’inscrit dans un rapport ouvert aux spectateurs afin de le mettre dans la réflexion et où enfin l’image-scénographique, des corps, des objets – offre la possibilité métaphorique d’une passerelle de sens avec nos enjeux contemporains). »

 

TAC Théâtre – dirigé par Cyril Cotinaut

En choisissant des textes et des thèmes éprouvés par le temps et les époques, le TAC.Théâtre envisage le spectacle donné à voir comme une expérience partagée collectivement par les acteurs et les spectateurs autour de conflits philosophiques, humains, politiques ou intimes. L’acteur y retrouve ainsi sa place centrale de narrateur, de conteur et d’interprète, celui par lequel le théâtre commence, l’exact égal ou alter ego du spectateur. Un théâtre d’acteur à spectateur, de personne à personne.

Création universitaire avec des étudiants de théâtre d’AMU

d’après Les Suppliantes d’Euripide

Mise en scène : Cyril Cotinaut
(issu de la compagnie TAC théâtre qui a joué Timon d’Athènes au théâtre Vitez le 6 février)

Tarifs : 8 / 4 €