Vendredi 27 mars 2020 à 19h00

Lecture programmée au Théâtre de la Cité à Marseille dans le cadre de la Biennale des écritures du réel. 

« À l’heure de la globalisation de nos existences, nous nous sommes posé la question de ce qui faisait notre identité. Qu’est ce qui nous rattache à un pays, à une culture ? Qu’est ce qui indique que nous sommes ceci, ou cela ? Qu’est ce qui nous constitue ? Où est notre place et comment la trouver ?

Nous prônons l’ouverture, au delà des frontières, nous nous sentons plus proches de l’enfant affamé du bout du monde que du clochard en bas de chez nous, internet nous relie au monde entier dans l’instant, mais si nous voulons être de partout, comment ne pas être de nulle part ?  « Être ou ne pas être, là est la question ».
Sans l’attestation nécessaire, pas de papiers, sans papiers, pas d’identité, sans identité pas d’existence.
Alors où en est la France ? Aujourd’hui où les raisons de migrer se multiplient (pauvreté, guerre, climat), comment cette « terre d’accueil » s’organise-t-elle ? Quels sont ses critères, sa grille de lecture ?

Sonia Chiambretto a mené son enquête au sein des bureaux de proximité de Marseille. Durant plusieurs mois, elle a été témoin du quotidien d’une administration chargée de traiter toutes les demandes des usagers. Cette immersion a donné lieu à un texte paru en 2015 : État Civil, où elle regroupe de courtes scènes dont les situations n’ont pas de liens apparents entre elles, si ce n’est le lieu dans lequel elles s’inscrivent : le bureau de proximité. On voit ainsi défiler une succession de numéros, tous milieux confondus, avec leurs anecdotes bien particulières. Des deux côtés, l’agent et l’usager doivent se trouver en règle. Fonction routinière et usante d’un côté, crainte, agressivité, de l’autre et malentendu souvent.

Quel est le sens de cet échantillonnage du réel ? À la relecture, on remarque des indices qui nous poussent à déterrer le sens enfoui de chaque scène. Passé par le prisme déformant de notre Histoire militaire et coloniale, un autre sens devient visible.

« Dans Oui, oui. Je sais., c’est bien le plateau qui écrit, et les textes d’ État Civil qui en deviennent les cartes à jouer », dit Bruno Tackels. Changement de cap. Baptisée par nos soins grâce à une réplique de la pièce originelle, notre recherche a posé des hypothèses, comblé des lacunes entre des faits isolés ou obscurs, et entrainé des déductions inattendues. Autant d’éléments d’une enquête passée au crible de l’œuvre de Walter Benjamin, dont Sonia nous a ouvert discrètement l’accès. »  – Gaspard&Cie

Cette lecture invite Gaspard&Cie à poser les bases scéniques de ce projet pour la toute première fois.

Entretien avec Sonia Chiambretto, auteure et Louis Dieuzayde, Directeur des études théâtrales d’Aix-Marseille Université le dimanche 27 mars à 11h au Théâtre de la Cité (Marseille)

Hommage de Sarah Jane au but de Benjamin Pavard, à la 38e minute de France/Uruguay. (© F. Wastiaux)

Hors les murs au Théâtre de la Cité
dans le cadre de la Biennale des écritures du réel

Tarifs : 8€ / PACTE’AMU /Pass Vitez

de et par Gaspard&cie
Librement adapté d’État Civil de Sonia Chiambretto et de Walter Benjamin
Réalisation : Lucie Anthonioz, Ambroise Sabbagh, Sarah-Jane Sauvegrain, François Wastiaux
Collaboration artistique : Christine Friedel
Musiques : Alexandros Markeas
technique/lumières : Roland Reinewald
Scénographie : Camille duchemin (à confirmer)
Production / diffusion : Giuliano Tenisci
Administration : Marion Boucher     
Production déléguée : Gaspard&cie

En co-programmation avec la Biennale des écritures du réel – Théâtre de la Cité
État Civil est publié aux éditions Nous – Sonia Chiambretto est représentée par l’agence de l’Arche.