Vendredi 14 décembre 2018 à 09h30 gratuit sur inscription

Koltès Monde : Politiques de l’ailleurs dans l’œuvre de Bernard-Marie Koltès

 

9h30>12h30 & 14h>17h30

Journée d’études

19h30
Projection du film La Nuit perdue, réalisé par Bernard-Marie Koltès (inédit, 1974) Durée : 1h04

Avec la présence de : Christophe Bident, PR, Université Picardie Jules-Verne – Yannick Butel, PR, Université Aix-Marseille – Christophe Triau, PR, Université Paris Ouest La Défense – Jérémie Majorel, MCF, Université Lyon II – Arnaud Maïsetti, MCF, Université Aix-Marseille et des entretiens avec Franck Dimech, metteur en scène – Hammou Graia, acteur (sous-réserve) – Yves Ferry & Moni Grégo, acteur et metteur en scène

Cette journée d’études organisée par le LESA – Laboratoire d’Études en Sciences des Arts, fera entendre des spécialistes de l’œuvre du dramaturge Bernard-Marie Koltès (1948 – 1989), mais aussi des entretiens d’artistes – acteurs, auteurs, scénographes et metteurs en scène. Des lectures de textes des étudiants du Master « Arts et scène d’aujourd’hui » auront lieu au cours de la journée.

L’œuvre du dramaturge Bernard-Marie Koltès (1948-1989) s’est imposée comme parmi les plus importantes de la fin du XXe s. Parce qu’elle a ouvert l’écriture dramatique à des territoires neufs de fictions, parce qu’elle s’est forgée dans une langue immédiatement contemporaine et secrètement intempestive, et parce que, surtout, elle a pensé le monde dans ses tensions à l’œuvre en cette fin de siècle qui se prolonge jusqu’à nous aujourd’hui. Logique économique des rapports humains, idéologie défaite sur quoi prospère un tragique renouvelé, violence des rapports entre Nords et Suds… Mais contre cette lecture noire du monde, l’œuvre de Koltès est justement celle qui permet de rendre visible notre présent pour mieux s’en défaire, ou le venger, et reprendre la main sur l’histoire.

Trente ans après la disparition de son auteur, à 41 ans, cette œuvre nous semble contemporaine, plus encore même que lors de son surgissement brutal, au cœur des années 1980.

Elle témoigne d’un monde des hostilités radicales, et se dresse aussi dans la joie d’appartenir à un monde autre, un monde tiers, celui d’une culture populaire conçue comme une contre-culture, de la musique et du cinéma, celui qui fait de la mondialisation aussi un espace en partage qui se levait contre logique néo-libérales qui prenaient alors naissance et allaient ensuite triompher.

La politique d’une telle œuvre ne se joue pas tant dans ses motifs ou ses fables, que dans son inscription en regard de notre monde. Si Koltès lui-même s’est éprouvé ailleurs (en Amérique, ou en Afrique…) comme relevant d’un ailleurs, loin de toute assignation politique, sexuelle ou éthique, et si son théâtre, obéissant aux lois de décentrements a su se nourrir de poésie, de roman, et de philosophie, c’est dans la mesure d’une altérité qui proposait une pensée capable de réarmer notre rapport au monde. Cette proposition tient toujours. Ce sera celle de cette journée d’études.

Salle AMPHI 7

Dans le cadre du temps fort Bernard-Marie Koltès
Entrée libre sur réservation.