Édito de Louis Dieuzayde
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Président

Depuis plus d’une quinzaine d’années, un certain souci documentaire s’est emparé de tous les arts et a contribué à l’exploration de nouvelles formes, cherchant à interroger notre rapport aux réalités. Sûrement est-ce une nécessité historique qui pousse les pratiques de l’art à remettre en cause notre rapport, à priori réglé, à la référence, à l’information et à la construction de la vérité… Sûrement notre époque, comme divertie d’elle-même par les incessantes nouvelles du monde, aspire-t-elle à frayer un autre accès, précis et ouvragé, aux faits et à leur véridicité…

C’est dans la tension de ces deux termes : la fiction et le document, que nous avons imaginé cette saison.
Au fil des propositions, il sera possible de suivre les relations tantôt harmonieuses, parfois contrariées, de ces deux dimensions. Sur la scène théâtrale, lieu pourtant si résistant au « vrai », le souci documentaire va donc venir perturber la dramaturgie et le jeu de l’acteur en prenant des tournures bien différentes.
Le document – qu’il tienne de l’enquête, du fait reconstitué, du témoignage, de l’expérience vécue ou de la pragmatique de la représentation – va s’inviter dans le langage du plateau et y produire sans doute des configurations surprenantes.

Soumettre le théâtre à la « poétique du fait », traiter la fiction théâtrale ou littéraire comme un document sur lequel enquêter, rendre compte du réel mais aussi prendre le risque de l’enchanter et de voir plus loin que lui ; tel sera l’enjeu de notre programmation comme des temps d’échanges et de recherches qui l’accompagneront.

 

Édito d’Agnès Loudes
,
Directrice déléguée

Accompagnant la mutation du campus, le Théâtre Antoine Vitez demeure un espace de parole et d’échange, une utopie en acte. En tension entre poétique et politique, entre art et culture, il est entré dans un partenariat renforcé avec l’Université d’Aix-Marseille, laquelle, si elle est une institution porteuse d’une culture savante et d’une collectivité intellectuelle, est aussi une communauté humaine, un lieu de culture ouvert sur la cité.

Cela se manifeste, pour l’Université, par la mise à disposition de nouveaux espaces scéniques (équipés grâce à un apport de toutes les collectivités locales) de bureaux et par une augmentation de son soutien financier, dans le respect de l’indépendance et de la ligne artistique du théâtre.

Le projet du théâtre Antoine Vitez, soutenu par toutes les composantes des politiques publiques culturelles de notre pays (État, DRAC, Université, Région, Département, Métropole, Ville) est amené à se développer, en privilégiant les collaborations avec les composantes universitaires tout autant qu’avec celles et ceux qui font le territoire : partenaires artistiques, sociaux, éducatifs ; dans l’attention et le souci d’une ouverture à tous les publics.