Mardi 26 janvier 2016 à 20h30
Mercredi 27 janvier 2016 à 19h00

Jackie Kennedy nous parle comme une cartomancienne et elle nous révèle tout d’elle-même : ses frustrations, sa fierté aussi « d’une grande de ce monde ». C’est une véritable accumulation d’événements sous forme de confidences intimes, les aventures de son mari John Fitzgerald Kennedy, Marilyn Monroe, drogues, De Gaulle et Khrouchtchev, balades sur la plage. Du tout se dégage une furieuse impression de vérité.
L’actrice Valérie Hernandez nous parle à la place de Jackie, avec les mots d’Elfriede Jelinek, les cartes de sa vie dans ses mains et non sans une certaine autodérision.

Elfriede Jelinek
Dans ses pièces, les genres dramatique, poétique et épique se frottent et se confrontent, et au lieu de créer des personnages psychologiques qui évoluent à travers un dialogue, elle fait de la langue l’acteur principal, mettant ainsi en place des « surfaces langagières » qui permettent à des voix issues de différents niveaux de la psyché et de l’histoire d’être entendues simultanément.
C’est au sein de ces monologues polyphoniques que s’articule sa critique exacerbée de la société moderne et de ses symboles stéréotypés et illusoires. Avec son travail sur la langue, elle s’inscrit, comme Thomas Bernhard, dans l’héritage d’une tradition du théâtre populaire critique, dont Johann Nestroy est le premier représentant important avant Karl Kraus et le Groupe de Vienne.
Comme dans toute son œuvre, les thèmes principaux de ses pièces sont le passé nazi de l’Autriche et le fascisme sous toutes ses formes, le pouvoir des médias, ainsi que la violence contre les faibles et la domination sexuelle de la femme par l’homme.

 

AUTOUR DU SPECTACLE…

Mardi 26 janvier à 18h30 : Documentaire « Jackie Kennedy : ce que savait Jackie » de Patrick Jeudy (durée : 52 min)
Nous pensons connaître sa vie, sa biographie, son image publique, quelques éléments de sa vie privée. Mais sa vraie personnalité est toujours restée une énigme… Patrick Jeudy a voulu aller au-delà du portrait classique.

Mercredi 27 janvier à 18h : Elfriede Jelinek – « Je ne veux pas de théâtre. Je veux un autre théâtre. »
Conférence sur le travail d’Elfriede Jelinek avec une intervention de Susanne Böhmisch, maître de conférence au Département d’études germaniques à l’Université d’Aix-Marseille et de Lisa Gröger, étudiante AMU en Master AIFA (M1)

Elfriede Jelinek, Autrichienne, prix Nobel de la littérature 2004, jouit d’une réputation d’écrivaine iconoclaste, sulfureuse, inclassable. Son écriture radicale, sa méthode intertextuelle et son travail incessant sur la langue rendent les textes parfois difficiles d’accès. Il nous importe de montrer que cette esthétique est toujours indissociable de l’engagement de l’auteure et de son autopsie de la société moderne, capitaliste, néo-libérale. Depuis de nombreuses années, il existe une véritable mode Jelinek sur les scènes germanophones. Les metteurs en scène les plus renommés (Einar Schleef, Frank Castorf, Christoph Marthaler, Jossi Wieler, Nicolas Stemann…) se sont confrontés à ses textes dits postdramatiques et ont rencontré un très grand succès outre-Rhin. Or, Jelinek est quasiment absente dans le champ théâtral en France.

Susanne Böhmisch rappelera quelques-unes de ces mises en scène germanophones, issues de la tradition du Regietheater, avant de présenter brièvement l’œuvre de l’auteure sous cinq aspects : Jelinek comme Nestbeschmutzerin (« celle qui crache dans la soupe »), l’ironie, la démythification (Roland Barthes), le féminisme, l’esthétique postdramatique.

Lisa Groeger parlera de la complexité de cette œuvre et de son langage particulier, ainsi que de la difficulté de traduire non seulement la langue, mais aussi toute une culture. Pour cela, il sera important d’évoquer quelques traces de la biographie de l’auteure. Des exemples textuels vont aider à mieux comprendre le défi de la traduction.

Durée : 65 minutes

Texte d’Elfriede Jelinek

Compagnie La Variante, Aix-en-Provence

Mise en scène : Michel Ducros
Jeu : Valérie Hernandez
Scénographie : Denis Charpin
Costumes : Martine Hernandez
Lumières : Jocelyne Rodriguez
Traduction : Magali Jourdan et Mathilde Sobottke
L’Arche est éditeur et agent théâtral du texte représenté.
la compagnie La Variante est conventionné par la Ville d’Aix-en-Provence.