Mardi 3 décembre 2013 à 19h00

Mardi 3 décembre à 20h30 19h
Dans la série « Films associés » > Deux projections en entrée libre

Acteurs de cristal, rencontre avec Valérie Dréville

Un documentaire de Yannick Butel
Durée 52 minutes
Avec la participation de Valérie Dréville, Frédérique Duchêne, Serge Merlin
Réalisation et voix over, photos et images complémentaires Yannick Butel
Images Matthieu Chatellier Son : Perig Villerbu
Une production Pays des Miroirs Productions en coproduction avec Cinaps TV.

Avec la participation du CNC. Avec l’aide de la Région Basse-Normandie, de la Région Provence Alpes Côtes d’Azur et le soutien du Conseil Général du Calvados. En partenariat avec l’I.M.E.C., France Culture, le Théâtre de l’Athénée, le Théâtre de Bobigny/MC93, le Théâtre de Caen, le Théâtre de la Colline, le Théâtre d’Hérouville, le Pavillon noir, les ATP d’Aix-en-Provence, le Théâtre “école d’art dramatique” et la fondation “recherches et pédagogies théâtrales” de Moscou.

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Un documentaire qui est une rencontre avec Valérie Dréville où la comédienne parle du travail de l’acteur, ses peurs, ses envies, son métier…

Qu’est-ce que la « présence » d’un acteur ? Ce documentaire cherche à répondre à cette question et s’intéresse à l’expérience de l’acteur, mais aussi à la « cuisine » d’un métier, à « l’arrière-cour » et aux «petits secrets » qui permettent au comédien d’habiter la scène, de la rendre vivante. Au fil des entretiens avec la comédienne Valérie Dréville, une définition de cette « présence » apparaît peu à peu : ne serait-ce pas un lien accru au vivant et à la vie ?

Valérie Dréville > Fille de l’actrice Véronique Deschamps et du réalisateur Jean Dréville, elle se forme au Théâtre national de Chaillot et au Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris. Sa carrière au théâtre est marquée par sa rencontre avec Antoine Vitez, son professeur à Chaillot, qui la dirigera dans Électre, Le Soulier de satin, La Célestine, La Vie de Galilée. Elle entre à la Comédie Française en 1988 et la quittera en 1993.
Elle a également joué dans Le Criminel de Leslie Kaplan sous la direction de Claude Régy, La terrible voix de Satan de Gregory Motton, Quelqu’un va venir de Jon Fosse, Des couteaux dans les poules de David Harrower, Variations sur la mort de Jon Fosse, La Mort de Tintagiles de Maeterlinck. Depuis plusieurs années, elle se rend régulièrement en Russie pour travailler avec Anatoli Vassiliev et sa troupe.


Suivi de, dans la même soirée > entrée libre

I + I = O « Une très courte leçon » de Tadeusz Kantor

Documentaire de Marie Vayssière et Stéphane Nota
Durée 46 minutes
Textes Marie Vayssière
Voix commentaires Marie Vayssière, Dominique Collignon-Maurin
Vidéo Institut International de la Marionnette. Dessins de Tadeusz Kantor
Avec : Marcel Bogosta-Osenberg, Jean-René Bouvret, Julie Dourdy, Didier Féménias, Patrick Huguet, Sally Marsden, Eric Mérinat, Jocelyne Monier, Jean-Marc Novis, Elizabeth Paterson, Alain Pialat, Jérôme Rigaut, Philippe Roussel, Blandine Rozé, Rosa Sanchez, Michel Rosenmann, Alban Thierry, Amy Trompetter, Marie Vayssière, Nenagh Watson, Abbes Zahmani.
Une production de l’Institut International de la Marionnette de Charleville-Mézières.

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Le film revient sur les traces d’une aventure théâtrale unique : un atelier de formation dirigé par le grand metteur en scène polonais Tadeusz Kantor en 1988 à l’Institut International de la Marionnette à Charleville-Mézières auquel participait une vingtaine de stagiaires, pour la plupart acteurs et marionnettistes. Ce temps de partage inestimable et lumineux devait mener à la création de ce que Kantor appelait un Cricotage (jeu avec le nom sa compagnie : le Cricot 2) désignant un très court spectacle, un essai. “Une très courte leçon” n’a été joué qu’une fois, pour quelques chanceux.
Les archives iconographiques et vidéos (un photographe fut présent sur toute la période et une équipe vidéo a enregistré une partie de l’atelier, ainsi que le spectacle final) ainsi que les notes du cahier d’une des stagiaires, Marie Vayssière, nous aident à mieux comprendre comment, à travers cet atelier, Tadeusz Kantor a pu transmettre sa conception du théâtre.
La radicalité, la prise de risque si chères et propres à Kantor sont telles transmissibles? La force et l’intensité de ce temps partagé avec Tadeusz Kantor furent-elles de l’ordre d’un enseignement ? A travers ce document, Kantor révèle aussi une pensée et dessine des perspectives plus larges, concernant l’esthétique et l’éthique du métier, perspectives s’inscrivant dans l’histoire du théâtre d’aujourd’hui.

Tadeusz Kantor
Né en 1915 en Pologne, Kantor reçoit à partir de 1934 une formation de plasticien et de scénographe. Il commence à faire du théâtre clandestin à partir de 1942 alors que les circonstances l’obligent à utiliser des objets réels et à abandonner le lieu théâtral traditionnel. Le théâtre devient pour lui un moyen de résister aux événements extérieurs : il va rester fidèle toute sa vie à cette idée.

Au temps du stalinisme, il fonde le groupe théâtral Cricot 2. Ses premiers spectacles naissent dans une cave. Déjà pour monter Shakespeare ou Anouilh, il recourt à des poupées géantes et à des objets hétéroclites. La manipulation de la réalité, l’utilisation et le détournement de l’objet ont constitué un axe important de sa recherche.
À partir des années 1960, Kantor met également en scène plusieurs pièces de l’écrivain polonais Stanislaw Ignacy Witkiewicz.
Sa carrière internationale commence avec La Poule d’eau (1971), présentée au festival de Nancy, et continue avec Les Mignons et les guenons (1973), toujours de Witkiewicz, et La Classe morte (1975).
C’est avec Wielopole, Wielopole que Kantor devient aussi l’auteur des pièces qu’il crée. Il règle ses comptes avec la martyrologie polonaise, la religion catholique, l’antisémitisme, la famille, l’armée. Sa pièce devient un chemin de croix douloureux, un rituel blasphématoire.

La volonté de provocation de Kantor et son désir d’aller toujours à contre-courant des idées admises ont fait de lui un témoin impitoyable et ironique de son temps. Son théâtre, tout en puisant ses sources dans la tradition et l’histoire polonaises, a su parler aux publics les plus divers. Obligé de s’interroger sur le sens de la vie, de la mort, de la guerre, du jeu sans cesse renouvelé de la victime devenue à son tour bourreau, le spectateur découvre qu’il lui sera désormais impossible de se penser innocent.
Brunella ERULI, Encyclopædia Universalis [en ligne], le 20/11/2013. URL : http://www.universalis-edu.com/encyclopedie/tadeusz-kantor/

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