Mercredi 20 mars 2013 à 20h30
Jeudi 21 mars 2013 à 19h00

Mercredi 20 mars à 20h30
Jeudi 21 mars à 19h

Ce spectacle est déconseillé aux mineurs.

Un projet de Laurent de Richemond
D’après «Mars» de Fritz Zorn
(traduction de Gilberte Lambrichs – éditions Gallimard)

Avec : Barbara Sarreau, Frédéric Pichon, Edith Amsellem, Anne Naudon, Laurent de Richemond
Adaptation, mise en scène : Laurent de Richemond
Collaboration artistique : Pascal Farré
Assistant à la mise en scène, chargé de diffusion : Sylvain Berteloot
Direction technique, régie générale, scénographie et création lumière : Sylvain Faye
Création sonore : Josëf Amerveil
Costumes : Frédéric Forest

Programmation / coproductions : Théâtre de la Minoterie, Théâtre des Bernardines, et Théâtre Antoine Vitez.

Avec le soutien de KLAP Maison pour la danse, de la Ville de Marseille, de la Région PACA, et du Conseil général des Bouches du Rhône.
Résidences de travail : Etang des Aulnes (conseil général des Bouches-du-Rhône), Maison des Lucioles (Rennes).

«Les Larmes Rentrées» (en référence à la définition que donne Fritz Zorn de son cancer) pose une parole lucide sur la bourgeoisie et sur une relation «malade» à la vie. Ce n’est pas d’une condamnation qu’il est question ici, mais de la tentative d’une compréhension et d’une explication de soi-même. Un combat vital pour Zorn. Guérir de son cancer est une lutte, une guerre, une affirmation forte et sans concession d’une vérité, d’un rapport au monde qui s’oppose à celui -menteur- imposé par son propre milieu. Ce texte est rare car il ne s’articule pas autour d’une idéologie de lutte des classes, mais il met en relief la défaillance et la détresse humaine des bourgeois (et à travers eux, toutes les problématiques de notre monde occidental).
Pour moi, ce projet est l’occasion de mettre en scène la complexité, les tiraillements et les conflits intimes et existentiels d’un homme. Un «être humain» dont la part «sombre», la part «monstrueuse», est bien prise en compte comme partie intégrante de son «humanité».
Il s’agira aussi de confronter cette parole avec «le revers de la médaille» qu’incarneront deux corps nus et silencieux, qui existeront sous la table, comme un inconscient refoulé et dissimulé aux yeux de «celui qui parle». Nous tenterons alors de faire exister «les parts manquantes» (et opposées) chez chacune de ces figures en présence…

Extraits de «Mars»
Je suis jeune et riche et cultivé; et je suis malheureux, névrosé et seul.
Je descends d’une des meilleures familles.
J’ai eu une éducation bourgeoise et j’ai été sage toute ma vie.
Je suis abîmé par mon milieu.
Naturellement j’ai aussi le cancer,
Ce qui va de soi si l’on en juge d’après ce que je viens de dire.

Je ne déteste pas l’homme «père» et la femme «mère» et pourtant je trouve juste de haïr mes «parents» au sens général. On doit haïr ceux qui vous tuent; ne pas le faire serait une honte. On n’a pas le droit de dire à celui qui vous tue : je suis tout à fait d’accord pour que tu m’assassines. On ne fait pas une chose comme cela. Ça, c’est aussi une morale.

Il est vrai qu’aujourd’hui on est plus civilisé et qu’on ne se jette plus sur le couteau et la fourchette pour dévorer ses propres enfants, simplement, grâce à une éducation appropriée, on fait en sorte que plus tard les enfants attrapent le cancer; et ainsi, selon la coutume des aïeux, ils peuvent être dévorés par les parents.

L’émancipation par rapport à mon passé familial doit avoir lieu à tout prix, car l’oppression qu’il exerce sur moi constitue cette énormité qui a envahi ma vie. Aucun prix n’est trop élevé si ce qu’on acquiert par là représente une nécessité. Je pourrais bien aussi me résigner et m’accommoder de ce que je suis tout bonnement tel que m’ont fait mes parents; mais alors je serais traître à l’égard de cette petite partie de mon moi que j’ai appelée «moi-même». Alors ma défaite serait encore aggravée par le fait qu’en plus je serais devenu traître à moi-même.

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