Il était une fois germaine Tillion
Mercredi 28 Mars 19h30
Co-programmation avec le Bois de l’Aune
Spectacle Hors les Murs au Bois de l’Aune
1 Place Victor Schoelcher, Aix-en-Provence
(Durée : 3h + 30 mins d’entracte)
Cie Lanicolacheur, Marseille
D’après l’oeuvre de Germaine Tillion
Conception : Xavier Marchand et Sharmila Naudou
Collaboratrice artistique : Clotilde Ramondou
Scénographie : Michel Jacquelin
Lumière : Marie Vincent
Bande sonore : Josef Avelmeïr
Costume : Claire Salmon Legagneur
Régie Générale : Olivier Bonnefoy
Recherche d’archives : Stéphane Lévy
Avec : Valentine Carette, Valérie Crunchant,
Camille Grandville, Pascal Omhovère, Myriam Sokoloff
Crédit photo : Hervé-Kielwaser
Avec cartes, photos, films, récits en langue berbère et chants, les trois parties qui composent le spectacle “Il était une fois Germaine Tillion” proposent une théâtralité qui lui est propre. La première partie est axée sur le voyage de Germaine Tillion dans l’Aurès algérien (1934-1940), la deuxième sur sa période concentrationnaire à Ravensbrück (1943-1945), la troisième sur la guerre d’Algérie.
Trois périodes charpentent la vie assez extraordinaire de Germaine Tillion : ses missions de jeune ethnologue dans l’Aurès algérien entre 1934 et 1939, son entrée en résistance et sa déportation entre 1940 et 1945, puis son implication active durant la guerre d’Algérie. Chacune de ces trois périodes fait l’objet d’un livre, dans lequel elle relate et réfléchit les évènements à l’aune de sa propre expérience. Aimant raconter des histoires, elle donne à ses écrits une forme peu conventionnelle de la part d’une scientifique, et adopte un ton alerte, emprunt d’un humour qu’elle érige en attitude ; à ce titre elle va composer au camp de Ravensbrück, une opérette destinée à faire rire ses camarades, et tenter de lutter ainsi contre l’entreprise de déshumanisation dont elles font parties. Lutte contre l’ignorance et pour l’instruction, lutte contre l’oppresseur nazi, lutte pour tâcher de faire dialoguer « les ennemis complémentaires » que furent la France et l’Algérie: tels sont quelques uns des engagements qui orientèrent sa vie. En parcourant ces trois livres, le spectacle nous entraîne vers ces lieux, ces temps d’expérience et d’action, fondements de la pensée passionnante de cette grande dame, ethnologue engagée. Les grilles de déchiffrement qu’elle propose peuvent s’appliquer à bon nombre de conflits actuels.
“Vouloir monter un spectacle autour de la figure de Germaine Tillion relève sans doute d’une gageure puisque ses écrits (hormis son opérette) n’ont aucune structure dramatique. Mais j’ai souvent travaillé sur des matériaux de ce type, toujours guidé par la forme d’oralité que certains auteurs donnent à leurs textes. Comme bien d’autres, j’ai été séduit par la vivacité de la pensée, de l’écriture et du verbe de cette grande Dame. Ses champs d’analyses s’étendent sur des domaines et des périodes proches, à savoir : l’ethnologie appliquée à des populations musulmanes durant l’époque coloniale, la structure et la fonction du camp de Ravensbrück, et la guerre d’Algérie. Quel que soit le sujet traité, elle procède avec le même souci de discernement, de précision, d’attention à l’Autre. Jamais donneuse de leçons, ce à quoi appelle sa parole, c’est à une forme de discipline de l’esprit qui doit guider l’engagement et l’action. C’est toujours à l’expérience qu’elle se réfère lorsqu’elle est confrontée à des situations présentant des similitudes : les conditions de vie précaires de ses missions dans l’Aurès lui permettent d’endurer les rigueurs de Ravensbrück, son passé de résistante en 1940 la rend sensible à la clandestinité algérienne.”
Xavier Marchand, Metteur en scène
Germaine Tillion (1907-2008)

1907 : naissance à Allègre (Haute-Loire).
Formation d’ethnologue. Licenciée en lettres, diplômée de l’École pratique des Hautes études.
Devient chef du bureau de Résistance du Musée de l’Homme.
1943-1945 : dénoncée, elle est déportée à Ravensbrück. Pendant son internement, elle écrit une opérette : Le Verfügbar aux Enfers, (le « verfügbar » étant la déportée soumise aux corvées par refus de travail.)
1945 : après la guerre, elle se consacre à des travaux sur l’étude de la Seconde Guerre mondiale.
1954 : séjourne en Algérie, participe à la création de centres sociaux.
1957-1962 : elle s’élève contre la torture et les exécutions capitales durant la guerre d’Algérie.
1966 : elle écrit Le Harem et les cousins, étude sur la condition féminine dans le bassin méditerranéen.
1966-1974 : elle est en mission scientifique chez les Maures, les Touaregs et au Moyen Orient.
1978 : elle devient présidente de la section française du Groupement pour les Minorités.
2000 : elle signe la demande faite à l’État français de condamner le torture en Algérie.
2004 : elle signe le manifeste condamnant la pratique de la torture en Irak.
2008 : elle meurt, à 101 ans, à Saint-Mandé, dans la région parisienne.
Production : Lanicolacheur - Coproduction : Comédie De l’Est - Centre dramatique régional d’Alsace (Colmar) / Théâtre des Salins - scène nationale de Martigues / 3bisF - Aix-en-Provence / Théâtre National de Marseille La Criée. Avec le soutien du Conservatoire régional de l’Agglomération de
Montpellier. Partenariat : AFLAM, Association Germaine Tillion, La pensée de Midi,
Le Monde. La Compagnie Lanicolacheur est conventionnée par la DRAC PACA et soutenue par le Conseil Régional PACA, le Conseil Général des Bouches-du-Rhône et la Ville de Marseille
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