Mercredi 16 février 2011 à 19h00 (lecture)
Sabine Tamisier

Lendemains pour La Mouette d’Anton Tchekhov

mercredi 16 février à 19h (lecture)

Texte et lecture : Sabine Tamisier
Texte écrit avec le soutien du Centre National du Livre

Nina ?, monologue pour une comédienne, tire son titre du personnage éponyme de La Mouette d’Anton Tchekhov.
Nina prend toute sa dimension, toute son ampleur à la fin de la pièce d’Anton Tchekhov, lorsqu’elle dépasse son rôle de jeune première éblouie, amoureuse de la gloire et du succès, lorsqu’elle-même abîmée par la vie est en mesure de prendre possesion de celle-ci sur scène, lorsque «la brique», «la tombe», celle dont on dit qu’un chat pleure mieux un rat mort, devient Nina «l’actrice éblouissante». Elle a souffert dans sa chair et ses rêves ; elle les a déchirés, ses rêves ; elle s’est blessée devant cette gloire et ce succès.
Au renoncement elle a choisi l’enfoncement.
Dès lors comment ne pas avoir envie de l’entendre encore, alors même que la pièce de Tchekhov se clôt sur le suicide de Treplev ?

Nina …
Nina apprend la mort de Treplev et se met en route. Comme une évidence. Dans la nuit blanche et glacée d’un hiver russe.
elle marche vers la tombe de celui qui fut à elle mais qu’elle a laissé, là-bas sur sa terre natale.
Pourtant, elle est revenue, un soir d’automne, dans cette chambre. et depuis il s’est tué. Comme ça.
D’un seul coup. La laissant seule face à son désastre. une fin du monde en soi.
Ce moment là, Sabine Tamisier le saisit, juste l’instant avant la bascule, comme sur un fil, un travail de funambule. Nina tisse le lien, tisse sa vie sur cette route qui l’amène vers celui qui s’est tué, à travers ses souvenirs, sa culpabilité, ses douleurs, comptant ses morts, ses absents.
Elle marche, Nina, dans la nuit froide, trébuchant sur ses vieux fantômes, convoqués comme par magie pour cette dernière visite.
Elle parle de la vie, de la scène, elle l’actrice, jouant une dernière fois son rôle les pieds dans la neige face à la pierre.
Les mots sont là, qui déboulent au travers d’une pensée, d’une émotion fulgurante mais toujours à fleur de peau, comme un second souffle, au rythme des pas, au rythme de cette route qui s’ouvre devant elle. il y a Nina qui parle, Nina qui pense, Nina qui survit au milieu de ses douleurs.
L’écriture de Sabine Tamisier se vit, se respire et invite le spectateur à entrer dans son rythme pour mieux découvrir ce bout de sens arraché à l’existence d’une femme.

Cécile Mathieu – mars 2010

Sabine Tamisier
Après un parcours d’études théâtrales à l’université d’Aix-en-Provence, Sabine Tamisier travaille en tant que médiatrice du théâtre contemporain en milieu rural pour le Centre Culturel Cucuron-Vaugines. Parallèlement, elle intègre en 2003 la première promotion du département écritures dramatiques de l’ENSATT (Ecole Nationale Supérieure des Arts et Techniques du Théâtre / Lyon), créé et dirigé par Enzo Cormann. Elle travaille ensuite puis comme attachée au Centre de Ressources de Montevideo (Marseille).

Bibliographie :
L’Histoire d’Anna (2000) ;
Sad Lisa (2003), texte lauréat du Prix d’écriture Théâtrale de la ville de Guérande et des Journées de Lyon des auteurs de théâtre en 2009, aux éditions Théâtrales 2010
La Traverse (2005), commande d’écriture de la Mousson d’Hiver / Pont-à-Mousson, mise en lecture par Michel Dydim.
Les Appalaches (2005), commande d’écriture de la Comédie de Valence mise en scène par Michel Raskine pour le Festival Temps de Paroles
Nina ? première version (2006) , commande d’écriture du Nouveau Théâtre du Huitième (Lyon)
Casa Nostra (2006), lu par l’auteur au Théâtre du rond-Point (Paris) dans le cadre des Mardis-Midis des textes libres (revue Nioque #5 – aux éditions Le mot et le reste 2009)
Les Blés (2007) aux éditions espaces 34 – 2007
Nina ? (épilogue) (2010)

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