Mercredi 2 février 2011 à 20h30

mercredi 2 février à 20h30

(durée 2h30)

d’Anton Tchekhov
Mise en scène : Mikaël Serre

Dramaturge : Jens Hillje
Scénographie : Antoine Vasseur
Costumes : Fanny Brouste
Lumières : Sébastien Michaud
assistante à la mise en scène : Chloé Brugnon
Régisseur plateau : Romain Cliquot
Habilleuse : Séverine Gohier
Régisseur lumières : Joffrey Guerlet
Régisseur son : Antoine Reibre
avec : Pascal Reveric, Servane Ducorps, Jean-Marie Frin, Elsa Grzeszczak, Gaël Leveugle, Sam Lowick, Charles-Henry Thissen, Christelle Tual

Production : la Comédie de Reims, Centre Dramatique National en coproduction avec la Rose des Vents, Scène Nationale Lille Métropole

Constantin aime Nina. Elle joue dans sa première pièce, un manifeste pour un théâtre nouveau et un monde meilleur. C’est son rêve. Mais pour cela il veut contre tout bon sens la reconnaissance de sa mère et de son petit ami Trigorine. La première sera un désastre. La célèbre Actrice Arkadina ne peut pas prendre son fils au sérieux, elle reste totalement étrangère à ses envies et aspirations. Et Nina quitte Constantin pour la star de l’écriture Trigorine. C’est ainsi que les rêves finissent dans une calme défaite. Deux ans plus tard, Nina et Constantin se revoient une dernière fois. La carrière de Nina a échoué, et Trigorine l’a quittée une nouvelle fois. Arkadina a à nouveau séduit son amant. Mais Nina n’arrive pas à se détacher de lui. Cette fois la catastrophe est inéluctable. Tous aspirent à l’amour et à la reconnaissance. Mais ils ne peuvent s’entraider. Les vieux doivent défendre ce qu’ils ont, les jeunes ne peuvent pas obtenir ce dont ils rêvent.

A travers Nina et Constantin, Tchekhov prévenait peut-être déjà des risques d’une société qui fait du rêve un commerce, et des conséquences désastreuses d’un narcissisme blessé, déstructuré qui déplace le centre de gravité à l’extérieur de soi. Gravité zéro pourrait-on dire !
Nina me fait penser à la fois à ces chanteurs qui parcourent les plateaux télé les larmes aux yeux, donnant tout, mais aussi à ces jeunes footballeurs africains ayant échoué dans leur espoir de se voir évoluer en première, voire deuxième division. Préférant périr en Europe plutôt que de revenir les bras ballants, le cœur dans les chaussettes au pays. Il y a là dans notre monde quelque chose de vampirique : capitaliser sur la jeunesse qui n’a parfois que le rêve comme valeur refuge, c’est un sport mondialement pratiqué.

Mikaël Serre

Mikaël Serre, metteur en scène
Formé aux Beaux-Arts de Saint-Étienne, Mikaël Serre débute dans l’envers de la scène, comme photographe de plateau. Puis il devient assistant metteur en scène, voyage en Russie et en Ouzbékistan, avant de rejoindre en 1996 l’école internationale de Théâtre Jacques Lecoq. Il se forme également à la dramaturgie auprès du metteur en scène Peter Schroth au Badisches Staats Theater de Karlsruhe.

Son travail sur l’auteur allemand Marius von Mayenburg se développe au fil des ans. En 2002, il met en scène Visage de feu au théâtre Le Colombier à Bagnolet, qui sera aussi joué à la Comédie de Saint-Etienne et en Allemagne au Theater Teo Otto. Il est à l’origine la première traduction de L’Enfant Froid en russe lors du « International Theater Tchekhov Festival » de Moscou en 2003. Il met en scène Parasites puis L’enfant froid à La Rose des Vents et à La Ferme du Buisson. En janvier 2009, c’est la traduction et la création de Cible mouvante.
Ses mises en scène le mène souvent en Allemagne. Invité en 2008 par la Schaubühne de Berlin pour faire la lecture scénique de la pièce Story of Kufur Shamma de l’auteur franco-palestinien François Abu Salem, il met également en scène L’Etranger d’Albert Camus au Maxim Gorki Theater de Berlin en mars 2009. En décembre 2008, il met en scène la création française de T’as Bougé de Franz Xaver Kroetz pour le festival européen Next à la Rose des Vents, texte qu’il a traduit à la demande des éditions de l’Arche. Il a également mis en scène Hanna Schygulla et collaboré avec le Tanz Festival de Pina Bausch.

Découvrant son travail sur Marius von Mayenburg, Ludovic Lagarde lui propose de rejoindre le Collectif artistique de la Comédie de Reims. La saison dernière, il a présenté une lecture scénique de « Hamlet est mort, gravité zéro » d’Ewald Palmetshofer avec les acteurs du Collectif.

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