Mardi 26 octobre 2010 à 20h30

Mardi 26 octobre à 20h30

Entrée libre. Spectacle en français et russe.
En partenariat avec Datcha Kalina, dans la cadre de la saison russe en Pays d’Aix.

D’après l’œuvre de Svetlana Alexievitch «  La guerre n’a pas un visage de femme »
Mise en scène : Aliona Galkina
Responsable du projet : Jeannette Jivova
Professeur de musique : Olga Pavlova
Professeur de chant : Maria Lobachkina
Avec : Kiril Vladimirov, Vera Gorbatova, Kristina Jabbarova, Artiom Markov, Irina Starikova, Tatiana Tchirkova, Aleksandre Fiodorov

Compagnie universitaire Perspective, Nijni Taguil, Russie

Elles se sont engagées très jeunes dans l’Armée rouge pour combattre l’envahisseur nazi lors de la seconde guerre mondiale. Alors qu’elles avaient 80 ans, Svetlana Alexievitch a recueilli leur témoignage.

« Tout ce que nous savons de la guerre nous a été toujours conté par des hommes. Les femmes se réfugient toujours dans le silence et si d’aventure, elles de décident à parler, elles racontent non pas leur guerre mais celle des autres et ce n’est que dans l’intimité de leur maison, ou bien entourées d’anciennes camarades de front, qu’après avoir essuyé quelques larmes, elles évoquent une guerre à vous faire défaillir le cœur.
La guerre féminine possède ses propres couleurs, ses propres odeurs, son propre éclairage et son propre espace de sentiments. Ses propres mots enfin. » Svletana Alexievitch

«  Après la guerre, pendant longtemps, j’ai eu peur du ciel, peur de lever la tête en l’air. J’avais peur de n’y voir qu’un champ labouré. Or les freux le traversaient d’un vol familier.Les oiseaux ont vite oublié la guerre. »

Née en Biélorussie le 31 mai 1947, Svetlana Alexievitch affûte très tôt sa méthode : attentive au son des voix, aux paroles vivantes, elle développe l’interview comme instrument de travail. Son œuvre est entièrement consacrée aux tragédies de l’histoire de son pays.
Elle commence sa carrière d’écrivain par deux livres sur la Seconde Guerre mondiale. Puis, dans Les cercueils de Zinc, elle s’attaque au mythe de la guerre de libération en Afghanistan. Position qui provoque un véritable scandale dans son pays : elle est jugée à Minsk en 1992 pour atteinte portée à la mémoire des soldats soviétiques.
Dans Ensorcelés par la mort, elle s’attache à la voix de ceux qui n’ont pas su ou pas voulu survivre à la chute de l’URSS et à l’effondrement du communisme.
Par la suite, elle écrit – au risque de sa liberté, de sa sécurité et de sa santé : La Supplication, bouleversant témoignage sur le monde après Tchernobyl.
Considérée comme traître dans son pays et comme un agent de la CIA par le président Loukachenko, Svetlana Alexievitch vit depuis de nombreuses années en exil. Elle continue son œuvre et travaille aujourd’hui à un livre sur l’amour.

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Le théâtre Vitez programme aussi « Ensorcelés par la mort » de Svetlana Alexievitch les 9 et 10 novembre 2010.