Mardi 20 octobre 2009 à 20h30 pot d'accueil à 19h

Mardi 20 octobre à 20h30
A l’occasion du lancement de saison, un pot d’accueil sera offert au public à 19h

Récit musical sur la nouvelle de Jorge Amado
Cie Les Brûlants
Jeanne Béziers : interprétation et chant
Martin Béziers : clavier, arrangements et bruitages
Stéphane Dunan Battandier : batterie, percussions
Musique et chansons : Chico Buarque, Vinicius de Moraes, Antonio C. Jobim, Martin Béziers

Joachim Soares da Cunha, dit « Quinquin-la-Flotte » à cause de son aversion pour l’eau, est mort dans son taudis de Bahia. Sa famille bourgeoise, dont Quinquin était la honte, essaie de faire bonne figure. On demande aux Pompes funèbres d’habiller correctement le mort, complet, cravate et souliers cirés. Mais rien à faire pour lui fermer les yeux, ni pour effacer de son visage ce large sourire goguenard… Pour la veillée funèbre, la famille doit supporter les vrais amis de Quinquin, des traînes-savates, buveurs invétérés de rhum bon marché qui vont lui donner l’occasion d’une seconde mort digne de lui. Les rythmes de Bahia accompagnent ce drame acide où la critique sociale prend souvent un tour désopilant.

La nouvelle
La nouvelle de Jorge Amado est à la fois un drame réaliste et un conte poético-philosophique. Avec un humour irrésistible, il oppose la société brésilienne petite-bourgeoise au monde des poètes traîne-savate,
amateurs de femmes et de tafia. « L’humour, cela ne s’acquiert qu’avec le temps, avec l’âge … Il s’est mis à exister dans mon œuvre et à être utilisé comme une arme, la plus efficace de toutes, pour dénoncer le présent et défendre les intérêts du peuple, une constante de tous mes livres ». Jorge Amado

« Apparemment, cette nuit-là allait être mémorable, inoubliable. Quinquin-La-Flotte était dans un de ses meilleurs jours. Un enthousiasme inhabituel s’était emparé de nos compères : ils se sentaient les maîtres de cette nuit fantastique où la pleine lune enveloppait le mystère de la ville de Bahia. Sur la rampe du Pelourinho, des couples se cachaient sous les portails centenaires, des chats miaulaient sur les toîts et des guitares gémissaient des sérénades. C’était une nuit enchantée (…) ; Quinquin-La-Flotte, au comble de la joie, tentait de faire des crocs-en-jambe au Caporal et au nègre, et tirait la langue aux passants ;( …) Les cinqs amis avaient cessé de se presser : il semblait qu’ils étaient les maîtres absolus du temps, et que cette nuit magique de Bahia durerait au moins une semaine ». Les deux morts de Quinquin La Flotte, Jorge Amado

L’auteur
Né dans une plantation de cacao autour de Salvador de Bahia, Jorge Amado est lié dès son enfance au monde des travailleurs et des paysans brésiliens. Bahia, la « terre violente », constitue le décor essentiel de Pays du Carnaval en 1931. Le jeune écrivain et journaliste est un militant politique actif. Son engagement lui a valu une suite d’exils, d’errances et de retours. Emprisonné une douzaine de fois, ses livres furent brûlés et détruits. Contraint à l’exil en Argentine en 1941, il fut pourtant de retour dans son pays en 1945, où il fut élu député. Exilé à nouveau, il se réfugia en France, puis à Prague, pour enfin revenir au Brésil. De fait, Jorge Amado est aussi bien célèbre dans son pays qu’à l’étranger. Son lyrisme engagé transparaît dans nombre de ses livres et notamment dans « Le Pays sans retour », publié en 1942. L’inauguration d’une fondation portant son nom à Salvador de Bahia en 1987 consacre la pérennité de son engagement. Le romancier décède en 2001 à l’âge de 88 ans sans avoir pu terminer son ultime roman.

Les Trois Coups, Nadine FOURDRAINE
Mort sur fonds de bossa à Bahia

Une belle lecture pour une interprétation virtuose, qui se situe entre le marathon et la performance de clown. Martin Béziers et Stéphane Dunan Batandier, deux spécialistes du rythme et de la composition musicale, ont mis leur talent au service de la musique brésilienne et du bruitage, pour accompagner Jeanne Béziers, metteuse en scène et comédienne hors normes.
Après avoir avalé un p’tit verre de rhum (juste pour se mettre au diapason), nous entrons de but en blanc dans l’histoire de la mort de Joaquin Suarez de Cueva (signifie « Cave » en portugais…). En effet, une première réplique va donner le ton : « Il y a tant de gens qui refusent toute authenticité ! » Et cela va aller loin… : la mort de Joaquin , situé dans le camp de sa famille petite-bourgeoise, hypocrite par essence, va être peu à peu récupérée par les amis de Quinquin la Flotte. Ces derniers vont ainsi peu à peu le ramener à son authentique vie de la rue de Bahia, à coups de rasades de tafia, le « remontant » par excellence…
Magnifique performance des trois comédiens qui ne changent pas de place, mais donnent l’impression de circuler dans les rues de Bahia. Ils ont une dizaine de personnages à faire exister et le font avec une énergie explosive. Tout cela au milieu des vapeurs de rhum, que tout le monde boit beaucoup dans cette histoire, comédiens et spectateurs.

Les Brûlants reçoivent le soutien de la Ville d’Aix-en-Provence, le Conseil Régional PACA, le Conseil Général 13, la Communauté de Commune du Pays de Forcalquier-Montagne de Lure, le Conseil Général 04.