du 3 au 7 mars 2009 à 19h00 ou 20h30

du mardi 3 au samedi 7 mars
Mardi 3, vendredi 6, samedi 7 mars à 20h30
Mercredi 4, jeudi 5 mars à 19h
(rencontre avec nanouk Broche et Richard Phelan à l’issue de la représentation jeudi 5 mars)

PERSONNE NE VOIT LA VIDÉO de Martin Crimp
( Making of )

Mise en scène et adaptation : Nanouk Broche

atelier de création de l’Université de Provence
Avec les étudiants :
Acteurs : Lola Angual, Hélène Barreau, Aurore Degoit, Manon Delage, Léa Desaunay, Hannah Devin, Nathalie Dutour, Emmy Faure, Océane Goubier, Anaïs Guittony, Annabelle Hanesse, Fabien Hintenoch, Sophie Jordan, Aulne Jouin, Capucine Lamarque, Charlotte Le bras, Lucile Mary, Florian Onnein, Anaïs Plasse, Patrice Puchaux, Nicolas Rochette, Delphine Souvant, Marion Vincent.
Assistantes : Annabelle Verhaeghe, Eveline Wojak
Régie : Alexandre Martinez
Scénographie :Valentine De Garidel, Sandra Ghali, assistées de Lola Angual et Anaïs Plasse
Communication : Charlotte Le bras, Emmy Faure
Vidéo : Cédric Pons

Une femme se fait aborder dans la rue pour répondre à une enquête sur les produits surgelés. L’histoire part de là. Ça se passe à Londres. Le mari est parti en laissant l’enfant et un message sur le répondeur. Mais la femme abandonnée, obligée de travailler pour nourrir sa famille monoparentale, trouve un job dans le marketing. C’est l’occasion pour Crimp de démonter, dans le dialogue théâtral,les techniques employées par le marketing pour élaborer les produits les plus sophistiqués.
C’est une histoire d’aujourd’hui. Nous nous y reconnaissons. Mais l’auteur joue avec les stéréotypes et distribue les évènements, les débris de professions de foi et les contradictions là où on ne s’y attend pas.
La langue porte le tout, la langue est tout, le centre, l’action, celle par quoi tout arrive. Elle raconte et se raconte. Elle a toutes les caractéristiques de l’oralité avec ses répétitions, sa platitude, ses tics et son désordre syntaxique. Ce qui donne à l’acteur une matière à parler assez jouissive et plutôt drôle. Quand la langue se prend pour objet c’est forcément drôle.
Crimp nous fait entendre comment on parle, je veux dire, désolé, parfait, OK, OK ? OK et de là émerge une drôle de pensée peu pensée, comme un rapport au monde collectif, et actuel.
Les personnages ne se pensent pas non plus, ils restent opaques, ils n’ont pas les mots pour se dire. Souvent ils s’arrêtent de parler. Crimp creuse ses questions dans les silences et dessine un paysage humain troué, les classes moyennes d’aujourd’hui comme une terre peu connue à découvrir, étrangère et énigmatique.

Il faudrait que le public ait le plaisir de l’histoire : que va-t-il se passer ? et celui de sa fabrication : comment vont-ils faire ?
C’est ce qu’on a appelé Making of. La pièce montée et le montage de la pièce. Bien sûr, c’est un leurre. Tout le monde joue. C’est un dispositif de mise en jeu.
Le public repère vite que les acteurs d’en face s’occupent de lui donner les règles du jeu. Qu’un même personnage est joué par des acteurs différents suivant les actes. Il repère assez vite qu’entre les actes, le paysage change, une espèce de chœur envahit l’espace, chante, bricole des vieux mythes, développe certains thèmes de la pièce, et d’autres plus lointains, ce qui rappelle un antique théâtre. Mais ce chœur-là a l’âge du sampling, il nage dans l’hétérogène et les contradictions, il consomme comme il respire et fustige dans un même souffle le système de la consommation. D’où tension, débordement, désordre. Retour à l’histoire et à son harmonieuse organisation. Contraction du paysage scénique sur les épures de Crimp.

Martin Crimp est un auteur anglais contemporain. La pièce date de 1990. Elle est traduite mais non éditée. Nous utiliserons la traduction élaborée à partir du travail fait avec les étudiants de l’atelier de traduction 2008, au théâtre de La Minoterie.

Nanouk Broche