Mardi 19 mai 2009 à 20h30
Mercredi 20 mai 2009 à 19h00

Mardi 19 mai à 20h30
mercredi 20 mai à 19h

Atelier de création de l’Université

L’usage de la parole, d’après le texte « Ouvrez » de Nathalie Sarraute
Lecture dirigée par Sylvie Boutley

Avec des étudiants des cursus théâtre du département Arts du spectacle

Imaginez un monde tout à la fois réaliste et magique, où les mots, véritables êtres vivants, jouent les narrateurs d’une pièce drolatique : d’un côté, les mots courtois, policés, d’une conversation classique, de l’autre, les mots «pas sortables», exclus, enfermés derrière une paroi en verre. Mais la réclusion n’est pas toujours définitive et certains inconvenants tentent d’intervenir: («Ouvrez!»)
tandis que les plus doux, les plus familiers peuvent être relégués à leur tour pour cause de maladresse. Ainsi d’un (…) «Tu» qui se dénude sans pudeur pour donner un vulgaire «Taka», au «C’est» qui perd son t, fierté de la langue, dans un fruste «C’es Antonin», à la royale «Catastrophe» qui se transforme en une pitoyable «cata », et au «Me» usurpateur qui s’infiltre dans «Il Me fait une pneumonie», ils sont honnis par leurs confrères. Mots savants kidnappés, mots courants vides de sens, mots détournés, mots passe-partout, mots insipides, contrevérités devenues vérités dès lors qu’elles sont intégrées dans «la parole donnée». (
M.Payot)

Usage de la parole, usage des mots, “Ouvrez” est l’un des derniers textes de Nathalie Sarraute. L’ouvrage se présente comme une suite de petits drames du langage. Le mot en lui-même importe moins que la façon dont il apparaît, circule puis se retire, non sans avoir lancé ici ou là une légère décharge. La décharge est légère, mais les dégâts sont parfois lourds … L’action dramatique est là :
les conversations sont des champs minés par les mots… C’est pourquoi il faut savoir se retirer pour leur donner la parole “sur les cendres du personnage” et conclure avec Nathalie Sarraute :
“Vous comprenez, on se donne un mal de chien pour écrire des textes, ça demande un immense travail dont ils n’ont pas la moindre idée, ceux qui les lisent, et après ça, il faut leur faciliter la tâche ! Je n’ai rien à dire, je n’ai rien à ajouter (…)”