Jeudi 2 avril 2009 à 19h00
Vendredi 3 avril 2009 à 20h30

Jeudi 2 avril à 19h
et vendredi 3 avril à 20h30

Le prince de Hombourg

de Heinrich von Kleist
Cie La Llevantina, Perpignan

Durée : 3h15

Mise en scène : Marie-José Malis
Collaboration à l’écriture : Alain Badiou
Distribution Pascal Batigne, Brice Beaugier, Olivier Coulon-Jablonka, Hélène Delavault, Sylvia Etcheto, Olivier Horeau, Claude Lévèque, Victor Ponomarev, Didier Sauvegrain
Création lumière Jessy Ducatillon
Création sonore Patrick Jammes
Scénographie Jean-Antoine Telasco, Jessy Ducatillon, Adrien Marès, Marie-José Malis
Costumes Zig et zag
Diffusion Béatrice Cambillau

L’électeur de Brandebourg fait la guerre aux Suédois qui ont envahi son territoire. Le prince de Hombourg, esprit rêveur et fantasque, guerrier hors pair, qui dirige la cavalerie, tombe amoureux de sa cousine à la suite d’un songe. Intrépide, il s’élancera avant d’en avoir reçu l’ordre sur les forces suédoises en difficulté et gagnera la bataille. Héros ayant enfreint la discipline militaire, il passe en cour martiale qui le condamne à être fusillé. Après beaucoup d’hésitations, et la prise de conscience du Prince sur la gravité de sa faute, le grand électeur finit par le gracier. Il s’en va seul vers son destin.

Extraits de presse
La pièce est jouée dans le décor d’une salle des fêtes où l’on s’interroge sur ce qui peut fonder une démocratie. Peut-on ériger la désobéissance en principe ? Comment retrouver un idéal qui soude la société civile ? Le fameux somnambulisme de Hombourg prend, sous cette direction, l’aspect d’une pensée en marche, que les spectateurs sont invités à suivre comme on visiterait une maison étrangère. Le spectacle dure plus de trois heures, sans entracte. Ce temps-là ne pèse pas. Il peut irriter quand on entend le cinquième acte réécrit en forme de tautologie par le philosophe Alain Badiou. Mais dans le lent mouvement de la représentation accompagné par des musiques de Webern, Beethoven ou Antony and the Johnson, dans le phrasé naturel donné à la langue sublime de Kleist, Marie-José Malis et les comédiens font passer un souffle sensible et troublant, qui invite chacun à penser contre soi. C’est très beau. Le Monde, 10 mars 2009 Brigitte Salino

Tous prêtent à leur personnage une sincérité qui éclaire les débats. Lesquels portent moins sur le respect de la loi, comme dans Antigone, que sur l’engagement. Qu’est-ce qui nous pousse à agir ? A se tromper ? A s’obstiner ? A se trahir ? Ce que l’on entend de cette relecture du Prince de Hombourg, c’est qu’entre les deux rêves qui ouvrent et referment la pièce, rien n’est écrit et qu’il est toujours possible d’influer sur l’histoire, dès lors que l’on reste fidèle à ses convictions plutôt qu’à ses certitudes. René Solis – Libération, 10 mars 2009

« Je dois la genèse de ce projet aux étudiants d’études théâtrales de l’Université de Montpellier avec qui je tiens cette année un atelier portant sur la question « Théâtre et Histoire ». Lorsque je me suis demandé ce que je pourrais leur apporter d’utile sur une question aussi vertigineuse, et à quel acte théâtral je pouvais les engager, il m’est apparu que ce que j’avais de mieux à leur communiquer c’était une conviction. Le conviction qu’aujourd’hui, le théâtre dans son rapport à l’Histoire, doit refuser d’être seulement un théâtre analytique, théâtre de la déploration ou de la description imparable des mécanismes historiques qui nous broient. Car je crois qu’on étouffe sous les analyses et que ce sont elles qui sont les symptômes mais aussi – déliées qu’elles sont des principes d’action – les agents de notre désespérance. J’ai voulu communiquer aux étudiants ma conviction que dans son rapport à l’Histoire, le théâtre avait encore pour devoir de se demander quel destin notre société donnait aux vérités.
Disant cela, (…) je disais seulement que le théâtre ne devait pas avoir peur des grandes questions qui furent les siennes et qui toujours, quant à l’Histoire, sont inséparables de cette angoisse : y a-t-il des possibles, ce qui fait l’Histoire, et par où passent-ils? Afin qu’au moins, si le destin que notre monde donnait aux vérités s’avérait nul, afin donc que l’exactitude des questions puisse redéployer la possibilité de nommer les responsabilités et donc la possibilité du conflit. »

Co-production Théâtre Garonne – Toulouse, Le Forum – Scène conventionnée de Blanc-Mesnil, et l’Espace Malraux Scène nationale de Chambéry et de la Savoie.
Avec le soutien du Conseil Général des Pyrénées-Orientales, du Conseil Régional Languedoc-Roussillon, de la DRAC Languedoc-Roussillon au titre des compagnies conventionnées, et du Conseil Général de la Seine Saint-Denis
Remerciements au Théâtre de la Cité Internationale et au CENTQUATRE Etablissement artistique de la ville de Paris.
Ce spectacle reçoit le soutien pour sa diffusion de Réseau en scène Languedoc-Roussillon et de l’ONDA