Mercredi 11 février 2009 à 20h30

La Commission centrale de l’Enfance
De et par David Lescot
mercredi 11 février 2009 à 20h30

Enfant, je passais mes vacances d’été dans les colonies de vacances de la Commission Centrale de l’Enfance, cette association créée par les Juifs communistes français après la Seconde Guerre mondiale, à l’origine pour les enfants des disparus. Elles existèrent jusqu’au milieu des années 80.

J’ai voulu raconter par bribes cette histoire, qui me revient par bouffées de souvenirs, parfois confus, parfois étonnamment distincts : il y est question de conscience politique, de l’usure d’un espoir, de règles strictes, d’idéologie tenace, de transgressions en tous genres, d’éveil des sens.

J’en ai fait un petit poème épique, parlé, chanté, scandé, qui fait le va-et-vient entre les temps de l’origine et ceux de l’extinction, entre la petite et la grande histoire.
J’ai imaginé pour cela une sorte de cabaret minimaliste, pour que l’on entende aussi les chansons inoubliables que nous entonnions à l’époque, et pour lesquelles je m’accompagne d’une magnifique guitare électrique tchécoslovaque des années 60 (autant dire rare).

DAVID LESCOT
Auteur, metteur en scène et musicien. Il monte ses pièces Les Conspirateurs (1999), L’Association (2002), L’Amélioration (2004). En 2007, il crée Un Homme en Faillite à Reims, puis au Théâtre de la Ville à Paris (Prix de la meilleure création en langue française du Syndicat National de la critique). Il travaille comme musicien avec Anne Torrès, qui monte sa pièce Mariage en 2003 à la MC93-Bobigny. Il collabore aussi avec Anne Alvaro, Julie Brochen, François Marthouret, Gilles Cohen, Véronique Bellegarde, Emmanuel Demarcy-Mota, Claude Guerre.
Il obtient en 2008 le Prix Nouveau talent Théâtre de la SACD ainsi que le Grand Prix de Littérature dramatique.
Ses pièces sont publiées aux Editions Actes Sud-Papiers.


La commission centrale de l’enfance à la maison de la poésie du 14 mai au 15 juin 2008
Revue de presse

« Les souvenirs remontent comme par bouffées au fil de ce récit profondément émouvant dans sa délicatesse et sa simplicité. David Lescot ne s’était encore jamais exprimé à la première personne, ce dramaturge et metteur en scène talentueux cultivant plutôt la discrétion.  Pourtant, à la suite de pièces comme L’amélioration, Un homme en faillite, L’instrument à pression, ou L’Européenne, ce spectacle montre à quel point il fait partie aujourd’hui des auteurs qui comptent dans le paysage théâtral français. » Les inrockuptibles, Hugues Le Tanneur

Sans pathos ni racolage, s’accompagnant d’une guitare électrique rougen il raconte comment là-bas, il s’est initié à Brecht, aux lendemains qui devaient chanter et aux filles. Les émois ados de ces « colos » se glissent, ombres furtives, et avec eux les enfances orphelines, les moniteurs militants et les utopies d’après-guerre. Une grande petite heure de spectacle, bouleversante et mutine. » Le nouvel observateur O.Qt

« David Lescot ouvre la marche d’une espèce de compagnie humaine baroque, totalement anachronique, qui serpente paisiblement à travers les noeuds que fait la grande histoire lorsqu’elle se mélange à la petite histoire… Une heure durant, on a la sensation physique d’être réuni à d’autres humains qu’on ne verra nulle part ailleurs que dans cette cave. Présences clandestines. Présences sensibles. Une petite heure de temps et le droit de pleurer en paix. » Télérama. fr le blog de Daniel Conrod