du 5 au 7 mai 2009 à 19h00 ou 20h30

Du mardi 5 au jeudi 7 mai 2009
Mardi 5 et jeudi 7 à 20h30 – Mercredi 6 à 19h00
Atelier de création de l’Université de Provence

Je tremble de Joël Pommerat

Lecture mise en espace par Frédéric Poinceau
Avec des étudiants des cursus théâtre, du département arts du spectacle

« Dans un lieu qui pourrait s’appeler cabaret ou théâtre, où le sérieux et la légèreté, la gravité et la dérision pour un soir ne s’opposeraient plus, quelques spécimens de l’humanité viennent se raconter ou se chercher une vérité sous la conduite d’un présentateur plutôt déconcertant.
N’ayant d’autre principe que faire spectacle de tout, ce lieu se voudrait un miroir, ce même miroir des contes dans lequel on vient s’interroger ou se dévoiler.
» J. POMMERAT.

L’écriture de Joël POMMERAT, auteur, metteur en scène et directeur de compagnie, s’apparente à une écriture dite « de plateau ». Ces textes, pour la plupart, se composent dans le temps de l’élaboration du spectacle et à partir de l’expérimentation directe qu’en fait le groupe d’acteurs avec lequel il poursuit sa recherche théâtrale depuis plusieurs années.
La production aura pour objet d’étude et de mise en jeu des scènes extraites de son dernier diptyque écrit en 2007, « Je tremble (1) et (2).
Dans cette œuvre, dont l’écriture s’est achevée durant la rencontre avec le public, Pommerat interroge le monde moderne et les solitudes qu’il engendre, s’engageant résolument dans la voie d’un théâtre de parole(s), qui témoigne à cœur ouvert et brasse sans complexe les champs du politique, de l’intime et du conte.
Les acteurs-figures, anonymes et exemplaires, se dévoilent et hantent, dans une succession de tableaux, ce qui pourrait être la promesse d’un spectacle, à jamais différé, fragile, provisoire, saisi sur le vif. Tour à tour, cabaret aléatoire, show télévisé cauchemardesque, théâtre documentaire, conte postmoderne cruel, le spectaculaire et l’onirique -l’amour impossible d’un homme et d’une sirène, le suicide en direct d’un meneur de revue, les meurtres en série d’un vampire séducteur…- s’effondrent sur la pauvreté nue d’un récit, celui d’une jeune fille, contant la fierté et la souffrance d’une classe ouvrière agonisante.
C’est ce théâtre en creux que nous explorerons, où le laisser-être l’emporte sur le masque, où l’on est sommé de faire théâtre de tout avec peu, des bribes intimes, des aveux d’impuissance, des numéros dérisoires, des cris de colère grotesques, quelques pas de danse dans un cercle de lumière, au son d’un vieux piano.