Mercredi 3 décembre 2008 à 20h30

Mercredi 3 décembre, 20h30

Le corps à l’ouvrage, ou tout l’amour du monde

Cie Cela ne finira jamais – Marseille

Lecture mise en espace dirigée par Nicole Yanni

Au départ du projet, je voulais m’arrêter devant un corps au travail m’arrêter c’est-à-dire contempler la maîtrise du geste, je voulais comme une photo en noir et blanc d’un corps à l’ouvrage, je cherchais confusément à savoir si le corps était libre ; il y a 10 ans j’avais travaillé sur « l’excès l’usine » de Leslie Kaplan sur l’aliénation de ces corps brisés par la fatigue mais surtout par la sensation du corps devenu objet qui faisait écho au corps des gens déportés dans les camps de concentration donc je voulais savoir à une époque où l’on parle tant de travail si les artisans étaient les garants d’une force vive non aliénée et donc porteuse d’espoir.

Pendant les entretiens réalisés avec Vincent Arnaud je m’attachais à ces personnes qui dans l’ensemble tenaient sur cette notion de travail bien fait qu’ils soient artisans d’art ou de service. J’ai été émue par leur parcours mais plus ils parlaient plus je m’éloignais de leur corps, de leur geste, je me laissais prendre par leur mots « je ne peux résister au hachoir » dit la bouchère « je ne suis pas artiste je suis inscrite à la chambre des métiers dit la fleuriste » ; « on est seul dans nos ateliers 8h par jour » dit le menuisier ; du coup je me suis interrogée sur nos valeurs à nous artistes celles qui font tenir notre métier : artiste dramatique dans le spectacle vivant dans la nomenclature précise, auteur, dramaturge, comédiens, metteur en scène, je remarque d’ailleurs que les artisans du spectacle, les éclairagistes, scénographes sont regroupés sous le terme de techniciens.

J’ai « passé une commande » terme employé également en entreprise à un jeune auteur de théâtre qui travaille sur le réel, qui observe et écrit le quotidien, un chroniqueur de plateau en quelque sorte : Ronan Chéneau. Ses 3 textes publiés aux solitaires intempestifs m’avaient surprise par l’humour de la peinture de sa génération, quelque chose d’acide, de légèrement désespéré qui tranche cependant avec l’énergie que l’on sent dans l’écriture le rythme, le bouillonnement intérieur.
Nicole Yanni

Texte de Ronan Chéneau
vidéo : Vincent Arnaud
scénographie : Claudine Berthommeu
lumières : Pierre Zack
avec : Maude Buinoud, Céline Greleau, Didier Lagana, Laurent Provost
Cette lecture est aidée par le Conseil Général des Bouches-du-Rhône et la Région PACA.
Co-réalisation : Théâtre Antoine Vitez et Théâtre des Bernardines. La création du spectacle suivant cette lecture aura lieu du 10 au 21 mars au théâtre des Bernardines.
http://theatredupetitmatin.free.fr/